Propriété, aux 17e et 18e siècles, des Barons Guiger de Prangins, le Domaine Impérial est acquis en 1859 par le Prince Jérôme Napoléon, fils de Jérôme Bonaparte et cousin germain de l’Empereur Napoléon III. Pour construire la belle demeure baptisée Villa Prangins en 1862, Emile Trélat, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et fondateur de l’Ecole d’architecture de Paris, cultive l’asymétrie dans sa conception de l’édifice, malgré une composition tripartède de la façade. A l’époque, une tourelle carrée médiévale au sud-ouest) servait d’observatoire. Une spacieuse loggia devait tamiser la lumière rougeoyante des levers ou des couchers de soleil devant la chambre princière située au nord-est. Une véranda, ouverte sur le lac, occupait toute la longueur de la façade découpée, en son centre, par un fronton armorié surmontéd’une cheminée importante, pièce centrale du grand salon où, aujourd’hui, il fait si bon se rafraîchir ou se réchauffer au 19e trou.
 Sur le fronton
Après la chute du Second Empire, le Prince n’a plus les moyens de conserver l’intégralité de sa propriété et en vend une partie à Charles Lucas, un bon ami anglais. C’est, sans doute, à cet entrepreneur que sont dus les quelques départs et greens découverts avant la construction du golf actuel. Charles Lucas retourne en Angleterre en 1885 et se succèdent alors Albert, Duc de Broglie, puis Say, fameux empereur parisien du sucre, dix ans plus tard. Jules Couchoud, maître imprimeur Lausannois, l’achète en 1910 pour la restaurer avec toutes les garnitures et les adjonctions chères à l’époque, et la revendre aussitôt à Ashton Clarke, une riche rentière parisienne qui, en 1919, y reçoit Charles 1er Empereur d’Autriche et Roi de Hongrie destitué, la Kaiserin Zita et leurs nombreux enfants pendant trois ans. Dès 1925, la résidence est occupée par le Baron Walter d’Orville et, en 1940, par Pierre-Marie Durand. En 1942, un certain De Rham procède à son état des lieux en vue d’une expropriation pour cause militaire. Aujourd’hui, tout le monde le sait et le voit, mais ne peut pas en parler, le Domaine Impérial est hachuré par une ligne de défense datant de la 2e guerre mondiale, avec des obstacles que les balles de golf n’apprécient pas toujours. Enfin, Ernest Morf l’acquiert en 1953 et son fils Victor en hérite en 1971 pour occuper en partie ce qui est devenu la Villa Napoléon au fil du temps.
 Charles 1er et son fils en 1919
En 1984, Victor Morf vend la propriété à la S.A. du Golf du Domaine Impérial qui contrôlait déjà la plaine jusqu’à la Route Suisse (sur la commune de Gland) et la zone arborée cernant la Promenthouse (sur la commune de Prangins). Cela permet la disposition actuelle des aménagements du club et le premier coup de pioche du 14 octobre 1985 pour créer le parcours imaginé par Pete Dye, relayé sur place par Russell Talley, après d’autres dessins proposés par Alliss, Thomas, Mancinelli, Jones ou Baker.
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